Mémoires d'outre-espace // Julien RIBOT

Chronique musicale (2021)
          Artiste pop, protéiforme et expérimental, Julien RIBOT reste injustement méconnu du grand public. Son nouvel album haut en couleurs marche sur les traces d'illustres allumés.

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XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX ça passe en machine ? XXXXXXXXXX

          La première fois que nous avions rencontré Julien RIBOT, c'était au tout début du XXIème siècle, dans un hôtel très particulier (Hôtel Bocchi. Ici d'Ailleurs, 2000). Il était accompagné de son HITORIBOCCHI ORCHESTRA. La dernière fois que nous avons eu de ses nouvelles, il était seul, la tête dans les étoiles (Vega. Ici d'Ailleurs, 2007). Quatorze années se sont écoulées entre son album stellaire et le nouveau, Do you feel 9? Outre le changement de maison-mère (le disque sort chez December Square), qu'a donc bien pu faire Julien RIBOT pendant tout ce temps ? Après avoir bien scruté les étoiles (et quand même sorti un EP autoproduit réduisant le nombre d'années sans nouvelles discographiques à neuf, do you feel 9 alors ? ), il a décidé d'aller à leur rencontre, de se promener dans différentes galaxies, au travers d'un personnage imaginaire, Neon Juju. De ses voyages, il a rapporté des textures sonores particulières, des mélodies hors normes et des vêtements qui ne doivent pas être évidents à porter au quotidien (pas sûr qu'ils passent en machine en plus ! ). Il a aussi changé de langue. L'anglais lui va à merveille.
 
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Attendre le rayon vert

Do you feel9? aurait pu s'intituler Space Oddity, mais c'était déjà pris. Julien RIBOT a néanmoins gardé la thématique globale pour son GRAND DISQUE conceptuel. Ce space opera ne fait pas seulement des clins d'oeil aux grands maîtres du genre, BOWIE (toutes périodes confondues), PINK FLOYD (itou pour les périodes, y compris la dimension live) ou Todd RUNDGREN (sacrément allumé sur A Wizard, a true star ; très certainement disque de chevet pour RIBOT), puisque leurs collaborateurs, contemporains et rejetons sont également visés. En attendant Le rayon vert, dans un grand mix, une fougue très FLAMING LIPS (notamment sur la rythmique et le refrain de la chanson titre ou sur le sublime Hey you know wonderland ! ; combien d'écoutes en boucle de Yoshimi battles the Pink robots, Julien ? ) se prolonge dans un lyrisme vocal digne de Brett ANDERSON (cf. SUEDE, période Dog Man Star sur We Obi Diva) ou d'Ezra FURMAN (Le rayon vert). Pour temporiser, des roulements de batterie 70's ouatée que ne renierait pas AIR sont là (Annabelle part I). Sur We Obi Diva, impressionant d'exhubérance Maelienne (SPARKS, très en vogue en ce moment), la flamboyance pailletée que l'on trouvait chez ROXY MUSIC (Brian ENO inclus) épouse une déjante contrôlée comme savait faire le bon BECK (cf. Midnite Vultures, jusque dans sa pochette tape à l'oeil). Quant aux claviers, ils tourbillonnent (coucou GRANDADDY !) et se frottent aux pianos à la Steve NIEVE (cf. L'imprudence de BASHUNG) ou Mick GARSON (cf. Aladdin Sane).

 
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julien_ribot_cuddlies_with_green_rays_500.jpg, by Bingo

Rayon vert OK !

Pour la suite, il va peut-être falloir rassurer certains lecteurs, en amont. Ce n'est pas parce que le recours (un brin systématique, peut-être le seul bémol de l'oeuvre) aux intros piano-voix évoque Elton JOHN (en toutefois moins racoleur ; Annabelle part II), que les choeurs d'enfants déterrent le génie Pierre BACHELET (Time is a fruit) ou que le disco-glam renvoie à un quartette suédois blond se prenant saxophoniquement pour le MUPPET SHOW (Neon Juju) dans l'émission Champs-Elysées (Idiorrrythmie) qu'il faut s'interdire de plonger dans cet album.
 
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julien_ribot_oversized_suit_500.jpg, by Bingo

Digestion facile

Sur le papier, ce catalogue de références pourrait donner le tourni en laissant croire que tout ici ne serait qu'exercices de styles et empilement de couches indigestes. Mais, disque sur la platine, il n'en est rien. C'est tout le contraire. Le moins que l'on puisse dire c'est que les influences (conscientes ou non ; mais mon petit doigt me dit que Juju a une solide culture et une discothèque bien fournie question psyché-prog-space music) sont bien digérées. Dans la création sans limites de Julien RIBOT, elles nous reviennent subtilement en écho (Echoes ? ). L'artiste multiforme a su puiser à plusieurs sources puis totalement s'en affranchir, afin de permettre à ses idées les plus débridées d'éclore, entre Neo Tokyo et Abbey Road. En parfaite osmose, toutes les pistes et propositions se mélant les unes aux autres, chaque écoute dévoile une couche supplémentaire de richesses mélodiques, d'arrangements subtils (parbleu, on n'a pas évoqué les cuivres, ni même les flûtes ! ) et d'harmonies enchanteresses. De cette oeuvre majeure de 2021, il faut tout garder, y compris la pochette home made mixant Todd RUNDGREN (le revoilà ! ), René LALOUX (La Planète sauvage à la B.O. impeccable d'Alain GORAGUER - influence musicale hautement probable) et Roger LELOUP (Oh Yoko !).

Ce disque aurait pu se nommer Memories of outer space, mais celui-ci aussi était déjà pris. Déjà écrit précédemment : GRAND DISQUE.
 

bingO

(26 octobre 2021)

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Julien RIBOT. Do you feel 9 ? (December Square / Kuroneko, 2021)
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recto_julien_ribot_do_you_feel_9_hd_print500.jpg, by Bingo

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Pour prolonger...

Julien RIBOT : site web
Julien RIBOT : Facebook
Julien RIBOT : Do you feel 9? [vidéo-clip]
Julien RIBOT : Hey you kow Wonderland! [vidéo-clip]

Todd RUNDGREN. A Wizard, a true star (Bearsville, 1973)
The FLAMING LIPS. Yoshimi battles the Pink robots (Warner Bros, 2002)

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Dans nos archives sonores :
Rock à la Casbah #749 (27/10/2021)

Dans nos archives écrites :
French Pop satori (10/09/2021)

XXXXXX Sur les traces de Steve NIEVE... XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
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julien_ribot_nails_and_piano_500.jpg, by Bingo
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XXXXXXXXX et de Mick GARSON XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
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julien_ribot_habille_par_charles_de_vilmorin_ok_500_piano.jpg, by Bingo
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Photographies & illustrations : Julien RIBOT, DR
Julien est habillé par Charles De VILMORIN

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julien_ribot_photo_presse_500.jpg, by Bingo

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