L'Anglais et les trois Bordelais // NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB

Interview (2021)
                    Un Anglais + trois Bordelais = une belle formule gagnante.

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          En 2021, l'anglais Nick WHEELDON a commis DEUX ALBUMS IMPORTANTS. 
Le premier, en configuration solo, est paru sous sous propre nom (cf. l'interview du camarade M.ARTY à ce propos). Le second revêt une dimension collective, puisque réalisé avec des french partners de Bordeaux. Leur Everybody's trying to fuck, I just want to make love est l'un des plus enthousiasmants disques de l'année 2021 (cf. chronique maison et top 21). Une bonne raison pour passer de nouveau à la question Mister WHEELDON, capitaine de l'équipe NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB.

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"Crier à la lune dans cette période d'incertitude"

NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB. Que signifie ce nom de groupe, si long et très énigmatique ?

C'est parti d'une blague qui fonctionne encore entre nous. Le nom du groupe vient d'un apéro où j'ai fait découvrir à Stéphane [GILLET, musicien et producteur du disque, NDLR] que The STANDELLS [Garage band 60's américain, connu avant tout pour Dirty water, NDLR] n'écrivaient pas eux-mêmes leurs chansons. Il était trop triste et moi mort de rire. En écoutant bien Overdue, on comprend d'où vient le False Dylan. Les frères COBB ont écrit la majorité des chansons des STANDELLS. C'est alors notre cher Stéphane qui a nommé notre groupe. 

Le fait de ne pas avoir sorti l'album Everybody's trying to fuck, I just want to make love sous ton propre nom est-il dû au fait que l'écriture est ici plus collective ? Si c'est le cas, comment se répartissent les rôles (composition, écriture, exécution) ?

J'ai écrit toutes les chansons pendant le premier confinement, en 2020. J'ai dû au moins écrire trois albums durant cette période. Everybody's trying to fuck, I just want to make love est le premier qui voit la lumière. Une fois écrit, j'ai envoyé un email à Stéphane (GILLET, de The FATALS, JACH ERNEST), Chop (aka Antoine SAPPARRART, de PRÊCHEUR LOUP) et Jules (MELI, de COCKPIT) avec les paroles, les démos et leur ai proposé que l'on fasse un groupe ensemble. À ma grande surprise encore, tout le monde a dit oui ! Les structures et les paroles des chansons sont restées assez fidèles aux démos. En revanche, la musique autour fut le travail du groupe. On voulait faire un disque de Rock qui ne fasse chier personne. Je suis arrivé à Bordeaux, chez Steph, le premier jour du déconfinement et on a commencé à enregistrer l'album le lendemain. On a tout mis en boîte chez lui et, avec Ruth, ils m'ont guéri de cette époque particulière, bouleversante. Je connais ce couple depuis 2010 et depuis ma première tournée avec The JESUS LOVES HEROIN BAND, j'ai l'impression qu'ils ont toujours été présents dans ma vie. Ça nous faisait trop de bien de nous retrouver et de faire la musique ensemble après deux mois sans voir personne. On a donc fait pas mal d'apéros ! On n'a pas fait plus de trois répétitions pour chaque chanson avant de les enregistrer. Ce fut très naturel et très rapide. Tout a été bouclé en seulement sept jours. Je suis assez à l'aise avec le fait que les choses évoluent et se transforment le plus naturellement possible. Après quelques chansons enregistrées, il était évident que c'était un groupe et que nous ne bossions pas du tout sur un LP solo. Steph a fait la batterie et aussi la production de l'album. J'y suis retourné l'été 2020 pour faire la voix et pour que Jules fasse sa lead guitare. Chop & Jules [MELLI, NDLR] sont les mecs les plus gentils de la scène rock bordelaise. Je voulais davantage les connaître, donc c'est pour cela que je les ai invités à rejoindre le groupe. Je suis toujours impressionné par leur sensibilité et leur talent dans une scène assez masculine et macho. Nous avons vécu de très beaux moments ensemble. Regarder Jules faire des choeurs sur Everyone's my doctor et Overdue après son séjour à l'hôpital fut vraiment incroyable. C'est un des albums les plus fun que j'ai jamais enregistré. Je pense que cela nous a tous fait du bien de croire en quelque chose et de crier à la lune dans cette période d'incertitude.

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nick_drunken_new_500.jpg, by Bingo

"Je n'ai pas envie de savoir comment on fait les choses"

Dans Everybody's trying to fuck, I just want to make love, on sent une certaine fascination musicale pour l'Amérique. J'ai beaucoup pensé au GUN CLUB et à BIG STAR. Sont-ce des influences revendiquées ?

J'ai passé une grande partie du premier confinement entiché du Third/Sister lovers de BIG STAR, je le trouve tellement beau et j'ai malheureusement cassé ce LP. J'ai aussi beaucoup écouté John PRINE, que j'ai malheureusement seulement découvert après sa mort. GUN CLUB et GREEN ON RED figurent parmi mes groupes préférés, même si je les ai peu ecoutés durant cette période. Avec Steph, on écoutait Motorcycle Boy de The BASEBALL PROJECT ainsi qu'un disque de The MAGNOLIAS qui nous a bien inspiré pour le mix. L'idée était qu'il soit le plus simple possible : la guitare lead à droite, l'autre à gauche et le reste (basse-batterie) au milieu ! 

Quelle est la recette miracle qui permet de réunir si harmonieusement (au sein de cet album) sauvagerie et mélancolie ?

Je ne sais pas et je ne voulais pas savoir. Si ça marche, c'est trop bien, mais je n'ai pas envie de savoir comment on fait les choses, faut les sentir dans le moment.
 

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"Ce sont les chansons qui comptent avant tout ! "

Le vidéo-clip semble être actuellement plus qu'une nécessité pour assurer la visibilité et la promotion d'un groupe, quitte à ce que cela se fasse au détriment de sa création musicale. Comment te situes-tu par rapport à cette quasi injonction de la communication moderne ?

Je n'aime pas les clips en règle générale. Je n'aime pas le fait que les gens aient besoin d'images pour écouter une chanson. Ça me manque l'époque du mystère sur l'artiste. La période Empire Burlesque de Bob DYLAN illustre parfaitement le fait que le capitalisme tue la musique. Clips de merde ! Fashion de merde, tout cela pour faire plaisir à un public qui n'en avait rien à foutre de sa musique à ce moment-là. L'autre bon exemple est la vidéo commentée de Noel GALLAGHER sur les clips de OASIS.

Avec une sensible économie de moyens, tu réalises certains des clips de cet album. Est-ce un véritable parti pris esthétique ou cela correspond-il plutôt à un signe des temps (la crise touchant énormément le domaine artistique) ? 

Je prends toute cette économie de moyens et je vais aller enregistrer dix nouveaux albums ! Avec de l'envie, tu peux enregistrer un bon disque avec rien. Si vous avez besoin d'argent pour enregistrer, il faut aller faire des concerts et mettre de l'argent àdecôté. Ça prend du temps et du travail, mais tout est possible. REIGNING SOUND, un des mes groupes préferés, a enregistré dans les meilleurs studios du monde et aussi dans leur garage... et je le sais quels albums je préfère ! Ce sont les chansons qui comptent avant tout ! Si tu mets 10 millions dans le meilleur clip du monde et t'as une chanson de merde, ça ne changera pas grand chose. Le dernier album a été enregistré en un jour, alors que les clips prennent tellement plus de temps et d'énergie. Bref, je n'aime pas trop les clips. Mais je sais que pour certaines personnes l'image est très importante et puis j'adore travailler avec mes potes Alex HORN et Suzy CACHEMIRE sur mes récents clips. J'ai aussi pris du plaisir en faisant moi-même mes propres clips. Je ne sais pas si j'ai pas vraiment répondu à ta question, mais voilà.

Envisagez-vous un second album de NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB ? Et si oui, peux-tu nous en dire plus ?

J'ai trop envie de faire un deuxième LP, même plus collectif avec Jules qui apporte ses chansons, parce qu'on a pas mal d'influences communes. Comme j'habite Paris et que les autres vivent à Bordeaux, c'est compliqué de se voir. On va cependant bientôt se capter pour parler d'une tournée et boire un - ou plutôt des - Ricard ensemble ! J'ai quelques chansons mises de côté pour nos prochaines aventures.

 

Article et propos recueillis par bingO

(19 décembre 2021)

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nick_drunken1_500.jpg, by Bingo
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NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB.
Everybody's trying to fuck, I just want to make love
(Safe In The Rain Records / Polaks Records 2021)

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Pour prolonger...

Nick WHEELDON : Bandcamp
Safe In The Rain Records : Bandcamp
NICK DRUNKEN BROKEN ARMS & HIS FALSE DYLAN COBB  :
          Do you [vidéo-clip]
          Window shopping [vidéo-clip]

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Dans nos archives sonores :
Rock à la Casbah #750 (10/11/2021)
Rock à la Casbah #757 - Retro-best of 21, Vol. 2 (29/12/2021)
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Ce que je retiens de 2021 par bingO (29/12/21)

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nick_drunken_2_500.jpg, by Bingo
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Photographies : Charlotte MONOSTERIO / Maë FAVORY /
ALIZON / Alex HORN

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nick_drunken_stephjules500.jpg, by Bingo
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