The Valderamas

The Valderamas EP (Azbin/Howlin Banana) // Par Laetitia Lacourt

Le groupe (feu) Deportivo, le titre Calcomatraque de Jaromil Sabor et Prêcheur Loup qui fait référence à Cantona ou encore Brazil 70 des Rebels of Tijuana pour ne citer qu’eux (en tant que gonzesse, il ne faut pas trop m'en demander sur le foot non plus, faut pas déconner) : la pop et le rock matchent bien avec le ballon rond. Et les Valderamas ne pourront pas me contredire. Derrière ce nom un poil exotique, il faut voir une référence au footballeur colombien Carlos Valderrama. Vous pouvez pas le louper, c’est celui qui a la plus belle touffe : une perruque blonde dont les frisotis ne peuvent pas être faits avec une mise en plis au doigt. Voyez un peu ces belles images Panini pour illustrer mes propos.
 
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valderrama-panini-stickers-300x193.jpg, by Laetitia

A l’époque (les Valderamas ont l’âge de leurs références, c’est à dire la trentaine bien engagée), Valderrama, surnommé El pibe, était vaguement le meilleur joueur colombien et a même joué 4 ans à Montpellier. Voilà pour la partie Téléfoot.

Revenons à nos moutons. Les Valderamas jouent à Rennes, sont 3 et viennent de lancer le coup d’envoi de leur carrière nationale avec un premier EP sorti le 18 mai par les entraineurs Azbin et Howlin Banana. Aussi long qu’une moitié de mi-temps, ce six titres mérite déjà de jouer les prolongations avec un LP. S’ils écoutent Joe Dassin et Elton John en secret, s’ils ont quelques références très sérieuses telles que les Allah-Las, les Tijuana Panthers, les Growlers, Bob Dylan ou encore les Modern Lovers, les Valderamas nous font surtout clairement penser à Kevin Morby. Et pas seulement dans le style musical parce que même le chanteur, Simon, fait vaguement penser à Kevin Morby.

Des mélodies mélancoliques (Holding Head High), des titres qui flirtent avec un Bob Dylan sixties (I was 20), des chansons nomades et voyageuses parfaites pour une vie de bohème (You should be), voilà pour le match aller.
Match retour, les chansons sont bien plus sémillantes (les intonations de voix sur He’s Back font vraiment penser à Dylan) et laissent aux Valderamas une chance de les voir évoluer sur un terrain encore plus pop rock. Bref, avec un EP qui va vraiment droit au but (ou au coeur), The Valderamas sont aussi réjouissants qu’une finale qui finit sur des pénos.

 
I Can't Stand, by Laetitia