TOGETHER PANGEA EN LIVE

Total slacker // Par Kelly Bonneville
Together Pangea | Le Batofar – Paris | 5 mars 2016
 

Comment braver un samedi soir humide ? La salle du batofar aura été, le 5 mars dernier, mon meilleur allié. Une programmation qui emporte dans des kilomètres de rouleaux, jusqu'aux côtes californiennes, les deux pieds dans le sable.

Une pinte plus tard, les Bad Pelicans, trio parisien formé il y a moins d'un an, s'attèlent à injecter à coups de manches, une bonne dose de vitamine C parmi les bonnets de laine qui ornent les têtes du public. Ils suent une image esthétique ; c'est comme voir Twiggy bras dessus bras dessous avec Syd Vicious et Dal Winslow. Les morceaux courts et capitaux dépeignent les images idéales pour se retrouver projeter face à l'océan, de quoi ranimer une bande son pour un nouveau Lords of Dogtown.

Après 45 minutes, les mauvais oiseaux prennent le large et passent le relais aux californiens Together Pangea qui, en un temps record, installent cette atmosphère total slaker qui leur est commune.
Sick Shit laisse entrevoir l'étendue encore fumante de bières consommées la veille. Les membres du groupe semblent tellement sereins qu'il est presque impossible de savoir d'où vient cette énergie. L'agressivité et la violence sont palpables sans jamais être franchies. Together Pangea nous offre un live sans prétention aucune, mené par la voix entre plaintes et grognements de Williman Keegan. On est plongé en plein cœur des morceaux, guidé par des riffs bouillonnants. Ils transmettent l'urgence sans la faire voir, c'est suintant à souhait mais toujours à la dérobée comme s'il y avait besoin d'une certaine initiation à ces mélodies rugueuses.

Si à la fin de chaque concert de Together Pangea, l'impression est la même, c'est que quelque chose les caractérise, une sorte de pamphlet honnête qui rassasie.