Thousand en Live

En plein dans le mille// par Lætitia Lacourt

Thousand | Les trois Baudets – Paris | 18 juin 2014

Loin des surfs trips et des teufs crasseuses dans lesquelles les voix de garage nous baladent, Thousand est un trio qui convoque la grâce pour des voyages bien plus solitaires. Auteur d’un blues contagieux sans rémission possible, Thousand fait naviguer ses compos indie folk sur des sentiments troubles, aussi noirs que colorés, aussi bruts que délicats : l’arc-en-ciel après un chaud et violent orage.

Thousand, c’est Olivier Marguerit et Clément Carle, deux musiciens du quintet Syd Matters et Stéphane Milochevitch - Milo pour les intimes, ce qui vous guidera probablement sur l’origine du nom du groupe.  Multi instrumentiste, compositeur remarquable, artiste touche à tout, Stéphane est un autodidacte qui conjugue le talent à toutes les sauces : Sa voix d’abord. Une voix de vieux cow-boy râpée par des rasades de Black Russian et quelques paquets de Marlboro, avec un timbre suave, aussi sexy qu’enveloppant, façon Léonard Cohen. Et un accent parfait, qui s’explique sûrement par une adolescence passée au Texas.

Ensuite, la quinzaine de titres à son actif. Issues d’un LP « The Flying Pyramid » et d’un EP « Tous les jours », les mélodies se font aussi précieuses que mélancoliques parfaites en bande originale d’une vie tranquille dans une ferme paumée des Etats-Unis avec 7 enfants. Dans une version moins fantasmée, les mélodies fonctionnent aussi en France, idéalement dans un endroit ravitaillé par les corbeaux, un petit matin à la fraîche près d’un ruisseau. Enfin, il y a ces deux chansons qui illustrent assez bien la capacité du garçon à siffler sur d’autres registres : la très sixties « Who do you love » (repérée dans le film « Les Biens Aimés » de Christophe Honoré où Stéphane joue son propre rôle) et « Heart of glass », délicate cover folk de Blondie. Le tout donnait trois bonnes raisons de se rendre aux Trois Baudets le 18 juin dernier.

Sur scène, Thousand est ce genre de groupe qui donne envie de fermer sa grande gueule et de les écouter dans un silence religieux tant l’acoustique est d’une précision et d’une beauté folles (idem quand Stéphane Milochevitch joue en solo dans un parking ou une église). Where the blue bird flies, The wave, The kill, The Natural bridge, Song of abdication, The Flying pyramid, Colors forever : le set est court (ils sont 4 groupes ce soir là) mais Thousand fait vagabonder en 30 minutes chrono à mille lieues de là.