The Pussywarmers & Réka

Due Movimenti (Six Tonnes De Chair Records 2015) // par Lætitia Lacourt
Langueur : nom féminin (latin languor, -oris). Mélancolie empreinte de rêverie douce et d’attendrissement amoureux : être accablé d’une douce langueur.
 
Ce qui est chouette avec la langueur, c’est son paronyme, son mot jumeau : la longueur. Il y a quelque chose qui s’étire, lentement, longuement, délicatement dans la langueur. Il y a de la délicatesse aussi, beaucoup de grâce, de l’indolence et un max de mélancolie.

Dans langueur, il y a aussi langue. Pas quelque chose de buccal non – trop dentaire –mais quelque chose de sensuel, de charnel, de félin.
Les Pussywarmers & Réka, donc.

Musicalement, si l’on pouvait écouter une définition de la langueur, ce serait leur « Due Movimenti », un maxi 45, gravé sur une seule face, sorti en octobre 2015 sur Six Tonnes De Chair Records.
 
9 minutes et 11 secondes de va-et-vient.

« Due Movimenti » est un long titre qui vous berce et vous caresse, vous illumine d’un subtil rai de lumière. Exactement comme celui du dimanche matin, celui qui vient souligner les draps froissés. La voix vaporeuse de Réka Csiszér, les chœurs légèrement dolents, le Casiotone un peu voilé, les discrètes percu, les cuivres chers aux Pussywarmers vont et viennent, progressent puis ralentissent, vous enveloppent dans une bulle, posée quelque part entre les cabarets des années 20, les sonorités doo-wop et soul des 60’ et le filtre suranné des 70'.
 
9 minutes et 11 secondes de langueur et décidément, jamais un seul faux mouvement avec ces italo-suisses.