The Memories en live

Le retour des Gremlins // par Lætitia Lacourt
The Memories | Espace B – Paris | 30 avril 2015 

The Memories sont exactement comme les Gremlins : quatre Mogwaïs californiens, créatures moches mais attendrissantes qui sous leurs airs de peluches poilues et bedonnantes peuvent cacher de véritables démons. Ce 30 avril, ce sont l’Espace B et Dead Boy Nite qui nous ont offert ces affreux jojos sur un plateau. En omettant toutefois de nous rappeler les 3 règles de base : ne jamais exposer The Memories sous les projecteurs, éviter tout contact avec l’eau et surtout : ne jamais leur donner de bière après 22h. 

Ce jeudi 30 avril, il pleut, la bière coule à flot, et les projos sont bien évidemment braqués sur ces 4 phénomènes signés Burger Records. Et parce que ces 3 règles n'auront pas été respectées, le concert de The Memories, qui se caractérisent plus par une pop romantique et californienne se verra prendre une tournure plus folle, plus débridée et sexuelle pile à la moitié du set. Mené par le fondateur de Gnar Records, Erik Gage, personnage aussi schizophrène que Cendrillon après minuit, The Memories est venu défendre son dernier et superbe LP, « hot Afternoon ».
En théorie.

Car si on se réjouit sur scène d’entendre quelques unes des pépites qui composent l’album dont la sublime cover « True Love Will Find You in the End » de Daniel Johnston ou, l’ancien titre « Knock on that door », le set part en couilles 30 minutes après le début. The Memories se désapent tous, Erik Gage plus que les autres : il est en slip. Voici devant nous le côté obscur de la force de The Memories : se transformer en White Fang, l’autre groupe barjo dans lequel ils officient (les 4 Memories de ce soir sont exactement les mêmes que les 4 White Fang au Burgerama, mais la moitié de l’un seulement fait partie de l’autre, bref, on en perd un peu son latin).

Et voilà comment on passe d’une pop fraiche et décérébrée à du lo-fi punk tout aussi décérébré, adipeux et cochonnet : White Fang remueront leurs tétons grassouillets et bides proéminents 30 minutes de plus, nous assenant de leur superbe « Bud Light », un furieux et sublime titre qui n’en finit jamais et qui colle bien à leur « gnar » attitude : cool mais aussi extrêmement repoussant.