MAGIC & NAKED EN LIVE

Rendez-vous au sommet avec les Suisses de Magic & Naked // par Super Poncho
Magic & Naked | Espace B – Paris | 18 février 2016
 
En ce très froid jeudi 18 février, c'est à l'Espace B que je me suis rendu pour voir les Helvètes de Magic & Naked. Première fois que je revenais à l'Espace B après la « fermeture » et quel plaisir de retrouver ce quartier, cette salle et ces sanitaires à la limite de la légalité !
Nos petits Suisses de Magic & Naked, c'est un peu comme un retour à enfance. Leur premier album éponyme avait adouci notre dramatique fin d'année. Dans cet opus, j'avais l'impression de voir des funambules au bord du précipice. Une fraîcheur juvénile associée à une maîtrise technique de vieux roublards, voilà comment j'avais perçu l'album des Suisses. 
J'avoue avoir eu de l'appréhension en arrivant dans la salle. Comment ce magnifique album allait-t-il être transposé sur scène ? J'avais peur de ne atteindre les cimes de leurs belles montagnes suisses.
Cette peur, elle s'est envolée au bout de la première note de la première chanson. L'appréhension fut remplacée par le plaisir et la tension nerveuse par la chair de poule.
Mais avant ce soulagement, nous avions eu droit au tout premier concert des Dantone. Pour reprendre le titre d'un film culte de ces années 60 qu'ils chérissent tant : « Ne nous fâchons pas ». Bien entendu que je grossis le trait mais cette date était peut être précoce pour ce tout nouveau groupe. Les futures dates qui suivront la sortie de leur premier EP permettront de mettre en valeur des morceaux à potentiel.
 
Après quelques minutes de réglages, les petits suisses entrèrent en piste. Forcément, quand le batteur sort un t-shirt Night Beats, je ne peux qu'être conquis ! Une quinzaine de chansons et autant de litres de classe. Un son unique malgré une balance de quelques minutes. Une reprise du titre Satellite of Love de Lou Reed en hommage à David Bowie (qui y aurait pensé ?) et une bonhommie assez incroyable. Voilà comment on pourrait résumer ce concert.
Forcément, certaines chansons sortent du lot. Ghost apparaît pour moi comme un vrai moment de bravoure où les quatre membres sont en totale symbiose et le titre Anna où chaque mot prononcé rappelle la puissance mélodique du groupe. Avec (If you wish you can) Reach me by a phone, je pense qu'on tient là un titre d'une candeur à faire pâlir les plus grands saints ! Pis, quand on entend cette nouvelle chanson, on n'a qu'une envie, c'est qu'ils le sortent ce deuxième album ! Vite, vite, vite !

Pour finir, il faut aussi mettre en évidence la justesse technique du groupe. Comme dirait un pote : « Je suis désolé mais j'ai pas le physique de mes ambitions ! » Eux, ils ont les idées et la capacité de les réaliser. Attends, ils ont 20 ans ?! J'ose à peine envisager ce que ce sera dans 5 ans. A la fin du concert, une personne a demandé au groupe : « Pourquoi vous vous arrêtez d'un coup sur certaines chansons alors qu'on sent que vous pouvez aller super loin ? » Un membre du groupe a répondu avec humilité : « On a peut être peur d'en faire trop... » La prochaine fois, n'hésitez pas !
Une fois n'est pas coutume, un groupe a relevé avec brio l'épreuve du live !
Au final, c'est encore et toujours ce goût de l'enfance qui ressort de ce concert. Mais contrairement à la douceur procurée par l'écoute l'album, les voir en concert, ça serait plutôt le souvenir d'une belle baffe, synonyme de nos plus belles bêtises !