LEVITATION ROOM EN LIVE

« Collage de gommettes cosmiques avec Levitation Room » // par Super Poncho
Apparemment, le climat musical semble aussi bien réglé que le sonotone d'un sourd. Heureusement pour nous, la nôtre est en état de marche et après les Parrots et leurs sons sentant bon la moiteur estivale, ce sont les Californiens de Levitation Room qui sont venus ravir nos tympams et cœurs de petits hippies du XXIe siècle. Et c'est presque logiquement que ce fut devant les belles ailes de la scène de l'Espace B.

          Alors que toute la scène garage ou presque se tabasse devant les Oh Sees, un groupe d'irréductibles hiphipsters[1] se masse dans les tréfonds du 19e arrondissement pour avoir la chance d'apercevoir le premier concert parisien des jeunes Levitation Room. Mon histoire avec ce groupe remonte aussi loin que celle avec la Casbah dans la mesure où ma chronique de leur Ethos, sorti chez Burger Records, fut la première que j'écrivis pour le site. Autant vous dire que c'est étreint d'émotion que je pénètre dans cette cathédrale qu'est l'Espace B.
 
Echappée belle d'un pélican
 
           Pour commencer, on a droit à Lemon Swell, le projet solo d'un des membres des Bad Pelicans. Seul, une guitare et une armée de pédales entre lui et nous. J'ai toujours trouvé l'exercice périlleux et limité. J'ai encore le souvenir de la prestation de Nicholas Allbrook cet été... Ici, c'est touchant, agréable et même si je n'écouterais pas pendant des heures ce one-man-guitar-psych-surf-band, je reconnais à l'artiste un sacré talent et courage ! Parce qu'il faut se pointer et chanter tout seul devant un public !

Alors que le T-Rex croyait éteindre la lumière, le pélican la rallume magistralement
 
           Passons au plat et dessert directement ! Les voilà, les voilà ! Dans leurs magnifiques chemises à fleurs et autres pulls moulants piqués à leur parents, les Levitation Room sont sur scène.  A la manière des groupes de San Francisco des sixties, on a une basse très présente dans les morceaux (cc. Jack Casady). De l'autre, les deux Fender des guitaristes se complètent à la perfection. Mention spéciale au soliste dont la pédale de fuzz, potentiellement réglée à +19 amène un punch au concert. D'ailleurs le son est parfaitement réglé, vraiment. Pour les chansons, j'ai droit à tous mes titres chéris de leur album, de Cosmic Flower à Loved en passant par Strangers of Our Time. On a droit à un slow très Grateful Dead[2], une nouvelle chanson et même à une reprise de T-Rex. Manque de pot, la guitare du soliste, martyrisée depuis le début choisit de rendre l'âme. Heureusement pour nous, celle du rock'n'roll[3], est toujours présente et notre pélican se mue en cigogne pour apporter sa guitare et permettre au groupe de finir le concert dans un déluge de fuzz et de reverb !
Bien sûr que ces groupes de la côte ouest commencent à pas mal se ressembler, se suçant et resuçant jusqu'à la moelle entre eux. Mais avant de parler de simple redite, rappelons-nous leur premier album de qualité, ce très bon concert et laissons aux Levitation Room le temps pour nous surprendre avec l'album de la confirmation[4] ?




[1] Définition à retrouver dans le prochain dictionnaire de la musique de Philippe Manoeuvre, en vente dans tous les bons rayons de papier-toilette.
[2] Veuillez trouver le cours sur le slow par le Grateful Dead dans la magnifique édition Post-It 2x3 mm.
[3] Conférence sur « l'Âme du rock'n'roll » par la rédaction des Inrockuptibles au Carrefour d'Ivry Sur Seine.
[4] Séminaire sur l'album de la confirmation tenu par Michel Sardou à l'université Christine Boutin, le 34 mars 2018.