Les Lullies et Cheap Riot en Live

Olympic Café - 10/02/2019 // Par Laetitia Lacourt
Jeudi 10 janvier. Paris, La goutte d’Or. Il est 21h30 lorsque je me fraye un chemin à l’Olympic qui dégueule de monde. La date a rameuté : c’est le dernier concert des Cheap Riot qui sortent un album posthume et c’est la seconde date d’une grosse tournée nationale des Lullies, qui ont booké près d’une trentaine de salles jusqu’au 17 mars. Je prends une bière et ne mets que quelques secondes pour repérer Thibault, le bassiste, disposé à répondre à quelques questions. Impossible de le louper : 1m90 au garrot avec casquette de marin, chemise à pois, ceinture pyramide et perfecto en cuir badgé.

J’attaque en demandant la signification de leur blaze parce qu’il faut avouer que Les Lullies, ça claque plutôt bien comme nom de scène. Google trad, cet ignorant, m’avait indiqué que ça signifiait « berceuse », ce que je trouvais plutôt gonflé parce que je défie quiconque de s’endormir sur un seul de leurs titres. Finalement, ce n’est rien de plus qu’un clin d’œil à leur pote des Tomy and the Cougars. Post baptême, de tournée en tournée, ils apprendront quand même que Lullies en hollandais signifie p’tite bite (on se demande du coup si le pote au clin d’œil apprécie toujours autant l’hommage) et en allemand, un type un peu looser pour faire très raccourci.  

La loose Les Lullies ? Non, la moule. En à peine 3 ans, ils ont torché entre 150 et 200 concerts, quitté leur taf pour goûter à la vie dissolue de rocker et pour se consacrer pleinement à leur groupe, signé chez Slovenly alors qu’ils ne jouaient à l’époque que depuis 6 mois, et ont même eu le luxe ultime du choix de label. Que demande le peuple ?

Composé de Roméo (guitare et chant), Thibault (basse), Manu (batterie), François (guitare), Les Lullies sont, hormis François dont c’est le premier groupe, tous issus d’autres formations (Les Grys-Grys, Flying Over et les Suzards). Point commun : ils écrivent tous, ils chantent tous, ont tous 25 balais (sauf le bassiste dont les 31 piges influent sur les lendemains compliqués, la gueule enfarinée) et ont tous envie d’en découdre « en bottant des culs » comme ils disent.

Avec pour principaux objectifs de se marrer, de continuer de tourner à bloc (ils aimeraient jouer au Japon tant pour la scène que pour le niveau qu’il qualifie avec des superlatifs) et de faire les cons, Les Lullies semblent incarner parfaitement cette scène punk 77 et ce qui la caractérise, du look à l’alcool en passant par le son, les bastons et le reste (je laisse votre imagination compléter). S’ils n’ont pas encore foutu le boxon dans une chambre d’hôtel, les tournées sont quand même émaillées de bagarres et de pétages de plomb : « on est comme un couple mais comme on ne peut pas baiser pour relâcher la tension, bah ça clash ».

A la question si c’est plus facile pour pécho depuis qu’ils sont Les Lullies, le bassiste me répond spontanément que non, parce qu’ils sont souvent trop torchés et que ça ne fait du coup rêver personne, mais finit par avouer que ça facilite un peu (pour les innocentes aux mains pleines et les prochaines dates : c’est le plus grand, le plus vieux et avec le plus long manche).

Sur scène, ça dépote effectivement sévère. Faut dire que le public aura eu une sérieuse mise en bouche avec Cheap Riot en première partie. Venu honorer la sortie de son excellent second LP, le groupe a aussi tiré sa révérence. Et c’est bien dommage parce qu’on en redemanderait bien encore un peu, que ce soit la putain d’énergie du groupe que la présence scénique du chanteur, dont l’accent français-anglais à couper au couteau et le tee-shirt « pédale » ne le font pas passer inaperçu. Devant ça sautille, derrière ça dodeline sérieusement : vieux, jeunes, punk, hipsters, gueules de banquiers ou touristes en parka Décathlon : Cheap Riot fédère toute la salle, particulièrement sur « The Worm », aux riffs hypers addictifs, « Breakaway » tubesque, ou encore la « vieille » reprise d’OMD, « Electricity » qui clôturera le set. Lorsque les Lullies montent sur scène, le public est déjà pas mal chaud. Ce sera sans répit pendant 14 titres. On surveille du coin de l’œil l'estrade qui a tendance à plier sous les sauts de cabri du bassiste et on prend soin de ne pas se prendre une pinte dans la gueule, lesquelles volent de coupe mulet en cheveux gras. On a d’ailleurs une pensée sincère pour les 3 gonzesses du premier rang, qui sont à la fois allées un concert et une soirée mousse.
 
B2 - The Worm, by Laetitia


Prochaines dates, chaudement recommandées par la maison et avant que le groupe ne retourne s’enfermer en studio, en avril chez Lo Spider pour un EP 4 titres :
 
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49531838_2270498303275353_3550432541984948224_n.jpg, by Laetitia