La Casbah au Hellfest 2026 – Une journée en enfer ! [LIVE]

Clisson (44) - vendredi 19 juin 2026
          Notre community manager et chroniqueur parisien aime le hard rock. Il a profité de son quatrième séjour au Hellfest pour enfin découvrir l’espace média et nous livrer un billet illustré. 

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          Quatrième Hellfest consécutif pour votre serviteur, mais première fois avec la casquette Casbah. Une expérience qui transforme légèrement le regard porté sur l'événement : on ne vient plus seulement pour prendre sa dose de décibels, de poussière, de houblon et de muscadet, mais aussi pour raconter ce qui fait de ce festival bien plus qu'une simple succession de concerts. Car à Clisson, très charmante commune de Loire-Atlantique, le spectacle commence bien avant les premiers riffs.

Dès l'ouverture des portes, le site impressionne toujours autant. Les habitués connaissent le décor par cœur, mais il conserve cette capacité rare à provoquer un mélange d'émerveillement et d'incrédulité. Les haters diront que c'est le Disneyland du Métal. La vérité est que le Hellfest est désormais une ville dans la ville. Une cité éphémère peuplée de battle jackets élimées, de cornes à boire gigantesques, de maquillages plus ou moins inspirés et d'une équipe de 35 permanents qui réussit chaque année le miracle de réunir plus de 280 000 visiteurs sur quatre jours dans une ambiance parfois potache mais toujours bienveillante.
Première surprise de cette édition : la découverte de l'espace média. Derrière les scènes se cache un véritable musée du métal à ciel ouvert avec son mobilier en fer forgé, ses crânes sculptées, sa spectaculaire fontaine de sang et son mur de portraits des légendes du genre… Une expérience immersive à part entière !
 

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Et en parlant d’immersion, voici en quelques actes les temps forts de cette journée du vendredi 19 juin.

BLOODYWOOD : la claque venue d'Inde

Premier véritable temps fort de la journée du côté des mainstage avec BLOODYWOOD que j'avais raté en 2023 pour cause de programmation beaucoup trop matinale. Depuis quelques années, les musiciens de New Delhi sont devenus l'un des symboles de la mondialisation réussie du métal. Là où d'autres se contentent d'ajouter une touche folklorique à leur musique, eux ont construit une identité immédiatement reconnaissable. La recette est pourtant casse-gueule sur le papier : instruments traditionnels indiens, métal moderne, passages rappés et refrains fédérateurs. Sur scène, l'énergie est phénoménale. Les riffs modernes s'entrechoquent avec les sonorités traditionnelles dans une démonstration de puissance qui transforme rapidement le pit en gigantesque terrain de jeu. Excellente entrée en matière !

SEPULTURA : la fin d'une histoire

Voir SEPULTURA en 2026 possède forcément une saveur particulière. Chaque apparition du groupe brésilien ressemble désormais à une page d'histoire du métal qui se tourne lentement. Le temps a passé, les membres fondateurs aussi, les débats éternels sur la légitimité du line-up également. Mais dès que résonnent les classiques, l'essentiel réapparaît : cette capacité unique à déclencher un chaos parfaitement organisé. Mention spéciale à Derrick GREEN dont la voix puissante et agressive porte un groupe visiblement déterminé à profiter pleinement de ses derniers tours de piste. Le public du Hellfest ne s'y trompe pas et réserve aux Brésiliens un accueil à la hauteur de leur héritage.

HELLOWEEN : quarante ans de show haut en couleur

Dans un festival dominé par les sonorités extrêmes, HELLOWEEN continue d'occuper une place à part. Celle des gardiens du temple power metal. Le groupe déroule un set anniversaire qui rappelle à quel point son influence demeure immense. Les refrains fédérateurs fonctionnent toujours aussi bien et offrent un contraste rafraîchissant avec l'agressivité ambiante de certaines scènes voisines. Le métal peut être épique, virtuose, mélodique et joyeux. HELLOWEEN est là pour nous le rappeler. Malheureusement, la prestation peine à véritablement décoller. Le son manque de puissance et l'ensemble paraît un peu trop sage pour un créneau aussi exposé. Sans démériter, les Allemands donnent parfois l'impression d'appartenir à une autre époque. Une sensation qui n'est pas sans rappeler celle laissée par SCORPIONS lors de sa venue l'an dernier.

IRON MAIDEN : les patrons 

IRON MAIDEN et le Hellfest ,c'est une longue histoire d'amour tant Bruce DICKINSON et sa bande entretiennent avec Clisson une relation privilégiée depuis plusieurs années. Pour beaucoup de festivaliers, leur présence sur l'affiche suffit à justifier le déplacement. Pour ma part, c'est la troisième fois en quatre ans que je les vois (et j'ai même vu Bruce en solo entre les deux). On pourrait craindre une certaine routine. C'est tout l'inverse. IRON MAIDEN possède cette faculté rarissime de transformer chaque concert en événement. Les chansons sont connues par cœur, les décors toujours plus spectaculaires, les interventions de Bruce parfaitement calibrées. Et pourtant, lorsque les premières notes résonnent, la magie opère encore. Entre deux morceaux, Bruce DICKINSON multiplie les interventions en français et récolte à chaque fois les acclamations d'un public déjà totalement conquis. Le professionnalisme du groupe force le respect. Autour de moi, plusieurs générations chantent bras dessus bras dessous, tee-shirt Eddie sur le dos. Des adolescents découvrent le groupe pendant que des quinquagénaires retrouvent une partie de leur jeunesse. Combien de formations peuvent encore provoquer cela en 2026 ?

SABATON : la guerre en grand format

Entre deux rendez-vous plus classiques, SABATON rappelle pourquoi il est devenu l'un des groupes les plus populaires de la scène européenne. Comme toujours avec les Suédois, tout est pensé pour le spectacle : pyrotechnie omniprésente, refrains fédérateurs et énergie communicative. Le public répond présent et les morceaux s'enchaînent avec une efficacité redoutable. Reste cette fascination pour l'imaginaire militaire qui occupe une place toujours aussi centrale dans les textes comme dans la scénographie. Une marque de fabrique assumée qui séduira les fans mais qui pourra aussi laisser certains spectateurs un peu plus perplexes.

MASTODON : la Valley en majesté

Pendant que les Mainstages attirent naturellement la lumière médiatique, la Valley continue de proposer certaines des expériences les plus intenses du festival. À l'heure de MASTODON, la densité du public témoigne à elle seule du statut acquis par les Américains au fil des années. Les quatre musiciens livrent une prestation d'une précision remarquable, notamment Brann DAILOR, dont le travail derrière les fûts suscite l'admiration. Ils rappellent ainsi pourquoi le groupe reste l'une des références absolues du sludge. Une démonstration de maîtrise qui clôt parfaitement la soirée côté Valley.

ULTRA VOMIT : le métal n'a pas toujours besoin de se prendre au sérieux

En clôture des mainstages, ULTRA VOMIT rappelle qu'il existe aussi une autre façon de faire vibrer un public. Les Nantais transforment une nouvelle fois le festival en immense cour de récréation. Et au fond, c'est peut-être cela qui résume le mieux l'esprit du Hellfest : un lieu où peuvent cohabiter dans la même soirée les légendes du heavy metal, les vétérans du thrash, les nouveaux phénomènes internationaux et les humoristes les plus bruyants de France.

Au-delà des concerts

Voilà ce qu'il faut retenir du Hellfest : l'événement dépasse aujourd'hui largement sa programmation. Bien sûr, les groupes comptent et la programmation est folle, mais ce festival est devenu une institution. Et comme toutes les grandes institutions, il ne se résume plus à sa fonction première.
On y vient pour écouter du métal. On y revient pour tout le reste.

 

VICO

(20 juin 2026)

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Photographies : VICO
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