Kevin Morby en live

Folk vintage // par Lætitia Lacourt
Kevin Morby | Point Éphémère – Paris | 17 septembre 2014

Rare sont les concerts intimistes et lumineux où les morceaux s’enchaînent aussi fluides et limpides que de l’eau de source. À l’origine de cette simplicité, Kevin Morby. Si le nom est un peu merdique, son CV l’est nettement moins : bassiste des Woods, chanteur et guitariste des Babies, le jeune américain a décidé de se la jouer solo avec l’album « Harlem River », sorti l’hiver dernier aux Etats-Unis sur le label Woodsist. On y avait découvert 8 chansons de voyage qui célébraient la vie de bohème à New-York. 

Il est un peu plus de 22h30 lorsque Kevin Morby rentre sur scène. Ses boucles blondes tombent en cascade sur une chemise rouge avec col pelle à tarte vichy. Le jean est brut, la guitare rouge est assortie. Simple, rétro, parfait. C’est un filtre Instagram à lui tout seul. 

Les trois premiers morceaux mettent en exergue ce qui nous frappera pendant tout le set : la voix est superbe, la diction est parfaite, le son d’une netteté et d’une précision folles. Impossible de louper une note, les paroles ou un accord. On retient son souffle. Puis les notes d’ « Harlem River » enveloppent le point éphémère. Le public se cambre, les cris fusent : c’est parti pour 6 minutes de jouissance où l’on fait mélancoliquement corps à corps avec le fantôme vivant de Léonard Cohen. Mais c’est surtout sur les eaux folks chères à Dylan que Morby nous fait voguer (le côté enrhumé en moins) : de la ballade à l’harmonica au slow langoureux poétique, les images d’un Greenwich Village mid-sixties sous  la neige viennent nous caresser l’esprit.

On se met ensuite à piaffer d’impatience avec le nouveau titre « All of my life », pépite issue du second album, « Still life », à paraître en octobre sur Suicide Squeeze Records. Prometteur ! L’intro de « Miles Miles Miles » rend le public dingue, titre déambulatoire où Kevin Morby s’autorise quelques arrangements rendant ce morceau aussi violent que doux encore plus puissant et captivant. Qu’il soit accompagné de son batteur (Justin Sullivan des Babies) ou non, l’exercice chant/guitare est toujours aussi parfait, comme en témoigne les trois morceaux suivants.

Le rappel, que l’on savoure comme un bouquet final, nous fait goûter à une version assez chaloupée et diabolique de « Wild Side Oh The Places You'll Go ». C’est dylanien à souhait, c’est bien meilleur qu’un concert de Dylan, on n’a qu’un mot à la bouche : ENCORE.