Johnny Mafia en live

« La relève de l'idole des jeunes est assurée » // par Super Poncho
Johnny Mafia | La Mécanique Ondulatoire – Paris | 20 février 2016

« Andy ce soir, je vais voir Johnny Mafia à la Mécanique Ondulatoire. » Andy, c'est mon coloc et que m'a répondu le sus-nommé coloc? « A la Méca, ils vont galérer à entrer en scène en hélicoptère! »
Bon, soirée sold out et j'ai dû mettre mon poncho d'invisibilité pour réussir à me faufiler entre les mailles du filet. Quand le mec qui organise la soirée est torse nu et pogote comme jamais au premier rang, c'est souvent très très bon signe. Freaky Loud Things, ce fut vraiment très très fort. Et j'ai cru comprendre qu'une petite captation avait immortalisé la soirée.
C'est un véritable entraînement commando façon Guy Roux que les Auxerrois nous ont fait subir! Du sang, de la sueur, des larmes mais beaucoup de plaisir pour cette release party de leur album Michel-Michel Michel.
Je suis arrivé pour le deuxième groupe de la soirée, les Whacks. J'étais avec des potes qui n'ont pas du tout l'habitude des concerts et dès la descente dans la cave, l'un d'eux m'a glissé (ou plutôt m'a hurlé) dans l'oreille « quelle énergie, j'adore ! » On aurait dit un groupe tout droit sorti de Camden Town ! C'était la folie ! Au passage, magnifique slam du chanteur vers la fin du concert. Toujours impressionnant à la Méca. Quoi de mieux pour introduire les Johnny Mafia ?
 
Au premier rang, tous les plus grands sosies punk des Michel les plus connus de la chanson française pogotent pendant le concert. Michèle Torr, Michel Sardou et celui ému de Michel Delpech.
Le concert est instinctif, avec une énergie débordante. Leur album, sorte de bijou du style, m'avait scotché. Je me posais la question de savoir si ça rendrait aussi bien en live. Et c'est encore mieux ! Certains sons me font penser aux Traditionnal Fools, ce tout premier groupe de Ty Segall, auteur d'un album magique. Ce que j'ai adoré, c'est la qualité du son du groupe. Ça joue vite, fort mais le tout avec une vraie justesse ! Le batteur, qui fêtait son anniversaire, a eu un sacré cadeau avec cette release party. Quel pied sur l'enchaînement Bad Michel, Sun 41 et 1212 sur lequel j'ai eu l'impression que la salle allait s'embraser ! Cette batterie sur Bad Michel ! Michèle Torr en a perdu ses bigoudis ! Et Sun 41, nouveau titre ironique à souhait qui souligne l'aspect humoristique du punk. Le concert se finit avec le morceau Ride qui je cite « va être punk ». On y voit le groupe se muer en véritable parrain du punk français, recevant l'approbation de son public, tel Don Corleone dans la scène d'introduction du Parrain.
 
Avec Johnny Mafia, c'est le côté masochiste des gens qui ressort. Tu prends trop cher mais t'aimes ça. Un concert à l'image de l'album, réussi. C'est pas les portes du pénitenciers qu'on pousse avec eux mais les portes de l'enfer punk !