Iguana Death Cult en live

« Célébrons le culte de l'iguane morte ! » // par Super Poncho
          Trois groupes et autant de claques pour une Freaky Loud Things printanière qui restera gravée dans l'éphéméride.
 
          Le printemps, le soleil, les bourgeons, le pollen, le rhume des foins et une énorme Freaky Loud Things en guise de remède de grand-mère. Mais au vu de l'affiche, valait mieux pas la ramener, ta grand-mère. Parce que d'un côté, on avait les Dusty Mush dont les longues torgnoles surfuzzées auraient pété son col du fémur avant qu'elle ait emprunté l'escalier de la Méca. Et de l'autre, un groupe originaire du seul pays où Richard Virenque pourrait briguer la présidence (Ndlr, les Pays-Bas), j'ai nommé les Iguana Death Cult. Sous ces pavés, la plage ou Narbonne Plage, plutôt.
 
La rage
 
          Narbonne Plage, c'est d'eux dont on va parler en premier. Ils viennent de... Paris et font grosso modo du punk. Emmenés par Ralph LaRage, sorte de poète des temps modernes, les gars font vraiment le taf malgré des récurrents soucis de pédales. Le chanteur est un joyeux drille dont les punchlines me rappellent les Combomatix ! On s'amuse. En terme de textes, ça parle de kebab, de la Concrete, le tout posé sur des compos aussi incisives que leurs dégaines sont à l'arrache. Le genre de mecs qui arriveraient à te vendre des bracelets brésiliens sur la plage de Strasbourg.
 
Dusty Mush
 
          Les Dusty Mush reviennent. Oui oui. Et je peux vous dire que je n'ai pas boudé mon plaisir pour ma première rencontre scénique avec eux. Leur album Cheap Entertainment sortira le 26 mai sur Howlin Banana, Stolen Body et Yippie Ki Yay Records. Et avant d'aller headliner le Bristol Psych Festival, ils honoraient Freaky Loud Things de leur présence. Et quelle baffe ! Quel son ! Le genre de concert qui recolle un col du fémur sans anesthésie !
 
          Le set est construit de manière à mettre en lumière la puissance des titres. Derrière ce mur de son qui les caractérise, les morceaux sont complexes au possible mais surtout très fins. Le groupe joue fort, le groupe joue vite mais le groupe joue surtout extrêmement juste. Plus j'écoute leurs titres Hot Tomato et Cold Sand et plus j'espère que les Anglais ne les gardent pas trop longtemps !
 
Iguana Death Cult en roue libre
 
          En juin dernier, j'avais eu la chance de voir les Iguana Death Cult en clôture de l'Eindhoven Psych Lab. Ils étaient à la maison et m'avaient littéralement transporté dans une autre dimension. A l'approche de leur date parisienne, j'évoquais ce groupe et ce concert dans une quasi indifférence générale. « Les Iguana Death Cult ? Connais pas ». Voilà la réaction qui revenait le plus.
 
          En cette semaine de Paris-Roubaix, il fallait se montrer agile et fort pour survivre aux pavés.  Pour sûr, s'ils avaient participé, les Iguana Death Cult seraient montés sur la plus haute marche du podium. Mais ils avaient préféré régalé la centaine de Parisiens venus s'enterrer dans la cave de la Mécanique Ondulatoire. Une véritable orgie.

          Des titres à la King Gizzard, un son à la Thee Oh Sees et une énergie bien à eux. Ce groupe ne mérite pas le silence qui l'entoure. Ecoutez Seven Tongues sur le chemin du travail et osez me dire que votre démarche ne s'est pas accélérée voire que vous ne vous êtes pas mis à courir. Voilà, la musique des Hollandais est la bande-son idéale d'un fractionné printanier. Tout comme les Dusty Mush, ils jouent fort et vite mais derrière ce lourd voile, une musicalité évidente dont les voix et choeurs ne sont que des exemples parmi tant d'autres. Suffit de se souvenir de ce long jam que n'aurait pas renié Goat pour saisir que le groupe n'est pas qu'un vulgaire groupe de garage. Et comme ils ont conclu avec une reprise des Stooges, bah on les aime encore plus.
 
          Sur l'échelle ''Sacrée soirée'' de Jean-Pierre Foucault, la Freaky Loud Things de vendredi dernier a déplacé le curseur tout en haut. La rumeur dit que des caméras étaient dans la salle... Comme pour montrer à la face du monde la portée de l'événement.