Come'n'go en live

le meilleur groupe du monde est Suisse // par Duck Lover
Come'N' Go I Genève - Rock This Town I 06 décembre 2014
Quand je dis que ce groupe à changer ma vie, c'est vrai. En novembre 2007, la Coupole, haut lieu de concert Biennois accueillait 3 groupes du label Voodoo Rhythm dont un où je jouais, du lait encore derrière les oreilles. Après nous, Come'n'Go, quartet de Garage chaud fraîchement additionné d'un bassiste et Roy & The Devil's Motorcycle. Même si ces derniers pourraient être sujet d'un livre de mille pages que j'écrirai jamais, c'est des premiers dont il est question.
Les Come'n'go, c'est un groupe de potes. Deux guitaristes, une batteuse, et un chanteur crooner avec des shoes usées en cuir blanc. Fascinés par les Oblivians, Jon Spencer et le blues, ils sortent deux disques totalement sauvages sur Voodoo Rhythm Records en 2003 et 2005.
Jamais convaincus de l'évidence, ils tournent pour leur simple plaisir pendant 5-6 ans. Se taillant une réputation belle et évidente. Adulés par les Black Lips, soufflant sur leur passage jusqu'aux regrettés Reatards, ce groupe génial s'amuse avec le savoir-faire et la modestie des gars du bled.
En 2008 sort une pépite. "Something's got to give". Le titre est clair sur leurs ambitions. Pique-le et donne-le à tes potes. Personne ici ne parle de succès ou d'argent. Presque rageant pour leurs fans, tant on les rêve en train de régler leur compte à l'humanité des faux groupes garages surfant sur la vagues
Un des mecs du crew Bernois, Robert Buttler, tout aussi fou et cool mais plus expérimenté, ex-bassiste des Miracle Workers, se joint à la bande. Les Come'n'go partent à Memphis enregistré chez Jay Reatards, qui leur posera un lapin. Mais dans l'ombre de Jay se cache Alicia qui se mettra malgré elle aux manettes. Il sort en 2008 et fait parti de ces disques où rien n'est regrettable. Même les phases de remplissage sonnent de la mort. Le groove, le son chaud, Reigning Sound, Memphis, les Clavier, la musique des Black, le garage, l'harmonica, le rock'n'roll, le tambourin ... Une réelle passion pour le swing de Keith Richard. La voix magnifique d'Alain ... et le j'm'en-foutisme qui les rend tout puissant ... Ce disque sort aussi chez Voodoo Rhythm et est un truc unique.
Bien des gâche-métier n'ont pas saisi et disent des mots comme bruyant, brouillon, trop d'effets sur la voix ...Le groupe se dissipe. Des mouvements internes, des fatigues. On croit à la fin. Mais depuis 2 ans, les revoilà régulièrement. Surtout chez eux, à jouer dans le club du coin, puis du coin d'à-côté. Puis une session studio. On les sait ensemble à nouveaux.Alors après 4 ans d'absences sur les planches de L'Ecurie, soirée dédiée aux bonnards groupes suisses avant Noël, Come'n'go et leur mouvement de va-et-vient arrivent les mains dans les poches, le sourire aux lèvres, assagis, avec plein de copains qui les suivent. Comment décrire ce qui se passa ? Rien en fait. Rien que ce qui aurait et devrait toujours être. À l'heure où les photos de presse pèsent autant que la musique, ils sont les plus beaux, Marina est la batteuse dans le Coeur de tous ceux qui l'ont vu. Alain est au sommet de ses danses folles. Peur de rien. Pur rock du sud au son généreux, par les mecs du quartier qui jouent ensemble depuis toujours, avec la virtuosité de ceux qui ont fait ensemble les 400 coups. Ca chie pendant 1h15 de rock'n'roll super groove. C'est génial. Ils causent tonalité entre les morceaux (enfin, case de guitare), rigole, se jettent dans la foule, remonte et redescendent. Ce groupe est pour moi et mes copains, le meilleur de Suisse voir du monde. Comme des Natural Child du passé, des Creedence du futur, ils viennent de sortir de studio. Bref, ça va ça vient pour encore longtemps.