Ce que je retiens de 2018

4/10 - 3 belles découvertes // Par Julien Marty
C'est de plus en plus compliqué pour un groupe d'arriver à émerger au milieu de la masse. Grand pourvoyeur de son de cowboy australien, le label Rennais Beast Records nous régale souvent en allant chercher des artistes méconnus en France. En plein coeur de l'été sort dans un silence total l'album de Rhyece O'Neill & the Narodnks. La pochette de "Death Of Gringo" n'est pas engageante, une aquarelle d'un crâne de chèvre ou de bouc, d'un mauvais goût absolu fait que l'album reste dans un coin. Et puis, le hasard du shuffle ouvre le titre Death Of Gringo et la magie opère. On retrouve du Nick Cave, du Sixteen Horsepower avec des accents latino dans la musique de Rhyece O'Neill & the Narodnks. Leur country blues est hypnotique et poussiéreuse. "Death Of Gringo"  est une claque inattendue et salvatrice.
 
Rhyece O'Neill - Death of a Gringo, by Laetitia

En plein coeur de l'hiver, j'ai développé une sorte d'obsession pour les robots. Entre inquiétude et excitation, j'étais fasciné par le monde d'après. La lecture assidue de la Zone du Dehors de Alain Damasio m'avait bouleversé. J'étais dépassé par des questions sur l'humanité, les IA, les robots et la disparition de l'homme absorbé par une démocratie molle et vorace. Les villes m'étouffaient et nos vies mesurées par une multitude d'appli m'angoissaient. L'album de Vox Low s'est imposé comme la BO de mes angoisses. Musiques synthétiques et glaciales. Du proto-punk froid qui nous raconte un futur sombre dans lequel l'homme se noie. Ce premier album sortie sur le label Born Bad Records est un coup de maitre qui habitera pendant longtemps mes obsessions futuristes.
 
VOX LOW - NOW WE'RE READY TO SPEND (OFFICIAL), by Laetitia

Le groupe faisait parler de lui dans le microcosme garage breton-parisien entre les soirées à l'espace B ou au SuperSonic sans oublier le super boulot de diggers des parisiens de La Relève qui offre une belle scène aux groupes émergents. Je dois reconnaitre qu'avant d'avoir écouté le moindre titre de The Valderamas, je les avais rangé dans la famille des groupes de rock garage qui commençait à me lasser un petit peu. J'ai donc été relativement hermétique aux sons que j'ai reçu jusqu'au jour ou Tom de Howlin Banana (je lui fais confiance et j'écoute tout ce que le label produit) nous a envoyé leur premier EP sobrement intitulé "I". Dès les première notes de "Holding Head High" j'ai été séduit par leur folk très inspiré du Californien Kevin Morby. Après plusieurs écoutes l'accent anglais un peu fragile est devenu un plus et les 6 titres ont fini par tourner en boucle sur ma platine.
 
I Can't Stand, by Laetitia