The Blaze Velluto Collection

Weatherman (autoprod) // Par Laetitia Lacourt

Allez allez, cessez de rêver avec l’été indien et tout le tintouin, vous savez aussi bien que moi qu'il est aussi mort que l’est Joe Dassin. Météo France ne prévoit aucune amélioration progressive et les maximales tourneront désormais autour de 13 degrés. Place à la pluie, à la flotte, au crachin, aux précipitations, aux averses, à la bruinasse.

Place donc au temps de merde, indispensable pour triper sur le soleil et un pseudo rayonnement. Direction Québec et ses images fantasmagoriques : des forêts peuplées de pins, des grands lacs, des saumons, des baleines et des ours, du sirop d’érable, des pancakes et des bûcherons. Et des mecs en slip. Comme celui de la pochette. Avec son grain vintage et ce slibuche interdit à la vente depuis 1978, la photo fait office de présentation : vous voilà face à Blaze Velluto (en vrai, il s'appelle Nick), un drôle de type qui n’a pas de fruits préférés tant qu’ils sont mûrs, qui est grisé par la race canine et qui fait des pompes avec son cleps sur le dos sur Instagram.
 
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58c6abd75a091_620x0.jpg, by Laetitia


S’il fallait qualifier Weatherman en un mot, ce serait sans aucun doute le « Pétrichor ». Vous savez, cette petite odeur indescriptible que prend la terre après qu’il ait plu comme vache qui pisse. Car oui, Weatherman est indescriptible. Mélange d’americana foutraque couplé à des relents psyché anachroniques, ce premier album, sorti le 22 mars dernier, semble avoir déjà bercé des dizaines de générations alors qu’il vient à peine de traverser une saison. Et c’est probablement l’une des meilleures choses que j’ai entendue ces neuf derniers mois.

Collection de chansons d’amour enregistrées entre 2008 et 2016, Weatherman réunit ainsi 11 titres éclectiques, sauvages, fougueux et décoiffés, aux émotions simples ou aux états d’âme plus complexes et pas moins d’une quinzaine de musiciens dont Guillaume Chiasson (Ponctuation) derrière la table de mixage. Une collectivité artistique renforcée par des chœurs féminins/masculins qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Edward Sharpe & The Magnetic Zeros.

Mélodies mélancoliques, délires canins, guitares roots, chœurs envoûtants, riffs country : l’album est truffé de substances musicales addictives dont il est quasi impossible de se sevrer. Une seule écoute suffit pour infuser en vous une collection de sentiments antinomiques : à la fois intimiste et objet de grandeur, l’album donne autant envie de se taper un road trip dans la Vallée de la Mort sous 54°c que de se peler le cul en faisant un trek dans la neige à moins 15, de vivre nu sur des peaux d’ours qu’emmailloté dans un tricot bien épais.

Aussi triste que joyeux, aussi indolent que virevoltant, aussi collectif que solitaire, aussi velouté qu’abrasif, de « Mathilda » (véritable diamant parmi tous les bijoux de l’album) à « Someone has got to go » (sortez les mouchoirs) en passant par « M.Coyote » (on pense à Moodoïd) ou « Weatherman », pépite déambulatoire à souhait : l’album et toute son esthétique vintage sont une PERFECTION.
 
The Blaze Velluto Collection - Mathilda, by Laetitia