Allah-Las en live

Inch’Allah Las // par Lætitia Lacourt

Allah-Las | Badaboum – Paris | 7 octobre 2014

Victor Hugo disait : « la mélancolie, c'est le bonheur d'être triste ». Un sentiment trouble et aigre-doux qui picote un peu le bide quand on écoute par exemple Alone Again Or de Love, Time Was de Canned Heat ou Sunday Morning des Velvet. Pour entretenir cette tendance maso, on n'a pas encore trouvé mieux que les Allah-Las et leur esthétique nostalgique : des images de plages californiennes passées sous filtre vintage, une guitare électrique 12 cordes remplie de réverb, des mélodies lumineuses sous influence Love, Byrds, Seeds et Zombies à la gloire du summertime blues.

Ce mardi 7 octobre, le concert est sold out, le Badaboum est blindé, l'appareil photo a été confisqué, la sortie est définitive, la pinte est chère. Des détails ennuyeux vite oubliés lorsque Miles Michaud (voix, guitare), Pedrum Siadatian (guitare, voix), Spencer Dunham (basse, voix) et Matthew Correia (batterie, voix) rentrent sur scène : les Allah-Las sont diablement beaux, bronzés, paisibles et parfaitement sapés.

Les premières notes de Busman's Holiday résonnent, une vidéo surannée de la Côte Ouest défile sur l'écran derrière eux. En live, la mélancolie fait place aux désirs : celle de s'appeler Catalina, de se mettre un fil tressé dans les cheveux, d'écouter les vagues dans un gros coquillage et de porter une blouse blanche hippie. Suivront Buffalo Nickel, No Voodoo, Follow you down. Le désir s'accroit nettement avec Sandy. Les deux notes reconnaissables entre toutes nous propulsent de Paris à la Californie : on est dans un van avec des petits rideaux à fleurs jaunis, traversant le désert à 50°C. Et on part surfer parce qu'on a rien d'autre à foutre dans notre vie.

Catamaran, Catalina, Sacred sands, Long journey, 501-405, Don't you forget it, Better than mine... au total, plus d'une quinzaine de titres issus de leurs deux albums (Allah-Las et Worship The Sun sorti le 15 septembre sur le label Innovative Leisure) qui font exactement le même effet qu'une exposition au soleil à synthétiser de la vitamine D comme des malades.

Puissants psychotropes, les Allah-Las retournent le système nerveux : tellement euphorisants qu'on pourrait se barrer là tout de suite, la fleur au fusil, le jasmin dans les cheveux, se marier et faire 10 mômes avec l'un deux. Un concert définitivement solaire avec de délicieux symptômes d'insolation.