
Le Truskel (Paris) - 30 mars 2026
Lewis EVANS remet le couvert avec ses LANSKIES. Notre nouvel envoyé spécial parisien était au Truskel, pour la release party de l'album War machine. L'occasion de faire remonter à la surface de nombreux souvenirs très personnels.
XXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXPeut-être faut-il danser sur la pointe des pieds pour vraiment apprécier la hot wave des LANSKIES. Une manière de ne pas trop s'enfoncer dans ce qui se passe au ras du sol, là où flottent, par moments, de petits effluves qui trahissent assez fidèlement l'âge moyen du public présent au Truskel ce lundi, lors de cette soirée sacrément bien orchestrée par le label ZRP.
Passage obligé à Paris pour capter la presse en vue du lancement de War machine, nouvel album des LANSKIES après plus de dix ans de silence et ces drames qui font du rock un art vivant. On pense surtout à Marc, à ses Telecasters, à son flegme shoegaze cintré dans sa veste en jean. En fumant une clope avec Alex, son successeur, on saisit le poids de la symbolique : pas facile de prendre la place d'un mort. On parlera aussi de ce fameux concert liverpuldien de Lewis EVANS, le frontman des LANSKIES, avec qui il tournait déjà en solo. On évoquera Odile avec Flo, membre fondateur du groupe et autre guitariste ; ce tube manquant de la setlist du soir que j'affectionnais tant à l'époque : « Trop dur, trop compliqué à jouer, il faudrait la retravailler. Marc avait le chic pour nous faire bosser. »
Avant le concert, on découvre en exclu le troisième volet d'un triptyque de clips réalisé par l'inénarrable Jonathan PERRUT. On découvre aussi le génial festival Kino Caen et ce réseau qui a transformé un ingénieur malheureux en amour en réalisateur. Les trois clips (Sexy teacher, Strawberry lane) se succèdent sur les écrans, racontant l'histoire d'une invasion de poulpes. C'est plutôt génial : les morceaux ont la pêche, sont bien produits par Clive MARTIN. Pour accompagner nos musiciens, toute une communauté a joué le jeu, se grimant en nos idoles, les prix des meilleurs effets de maquillage revenant à FEU ROUGE, en Robert SMITH et à Lewis EVANS, magnifique Gene SIMMONS. En regardant le plan final et le générique, on pense à TRUFFAUT, sans forcément en saisir le sens. On apprend aussi que Lewis, qui a donc délaissé pour quelque temps son projet solo, a coécrit le scénario. Le dernier volet a été tourné chez les Hautvillais de Granville, dans la Manche. L'idée du poulpe géant gonflable (qui entrave toute une ruelle et nous fait penser au cerveau de Starship Troopers de Paul VERHOEVEN) leur est venue pendant la grande cavalcade du dernier carnaval, où les Restakés, 180 poulpes motivés, faisaient la chenille sous la pluie sur La Granvillaise d'Emilio CORFA, autour du char où trônait notre Reine Mère. Les poulpes inquiètent les marins là-bas : le filon des bulots se tarit. Des patrons pêcheurs ne s'y retrouvent plus depuis qu'ils remontent vers des eaux plus froides du nord. Le poulpe, lui, en profite et dévaste les fonds marins.
Après ces considérations halieutiques vient le showcase. C'est cool que ce soit au Truskel : ça nous rappelle les premiers PMU caennais du groupe, où nous dansions en ronde et sautillions comme des Suédois. Autour de moi, la chorégraphie est rodée. Systématiquement, Isabelle, la patronne de ZRP, a le chic de se placer entre Lewis et moi. Elle lève son téléphone, cadre, déclenche de belles photos, précises, appliquées, comme pour fixer quelque chose qui, sur scène, semble pourtant vouloir lui échapper. Lewis, lui, reste fidèle à sa réputation : il parle entre les morceaux. Beaucoup. Blagues, digressions, fragments de vie. À ses pieds, sa setlist finit en lambeaux, malmenée ; je ne pourrai donc pas vous la rapporter ici. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ce set se termine par l'inévitable Bank holidays, un morceau que j'aurais aimé qu'il n'ait jamais existé. Derrière Lewis, le nouveau batteur porte un tee-shirt Goo de SONIC YOUTH. Comme un rappel discret, ou un manifeste silencieux des origines, celles de Saint-Lô, qui pendant toute une décennie ne jurait que pour les New-Yorkais, enfantant de multiples formations versant dans la noise. Antoine joue tout en retenue ; on aimerait qu'il frappe plus fort sur ses fûts. Dans cette formation 2026 des LANSKIES, il y a du mouvement, trois nouveaux visages : à la guitare, à la batterie et à la basse, une petite Mustang divinement maîtrisée par Cox, bassiste au look implacable. Le groupe s'est recomposé, trouvant un bel équilibre ; on y saisit une énergie qui, à tout moment, nous rappelle nos intuitions d'autrefois.
Mon rêve secret serait de les voir à La Route du Rock, là où, il y a vingt ans, avec Lewis, nous faisions les quatre cents coups, là où nous nous encanaillons. Des souvenirs mémorables, comme ce faux pass qu'il avait fabriqué avec le plastique d'un pack de bière, cette liberté, le temps d'un week-end, qui pouvait en effrayer plus d'un. Nostalgique de cet esprit, je pense même envoyer un message à François FLORET, certain que le passage des LANSKIES pourrait cristalliser tout ce que le rock nous a laissé ces dernières décennies et vérifier, une bonne fois pour toutes, ce qu'il en reste avant qu'il ne soit définitivement mort. Et si tel est le cas, j'irai avec Loustic, mon voilier, depuis Granville vers la Cité corsaire ; j'installerai une ligne de traîne avec, au bout, une turlutte pour attraper des encornets, des seiches, et peut-être même un poulpe, toujours ça de gagné pour les bulots et la mayonnaise.
PELSESSION
(03 avril 2026)XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
The LANSKIES. War machine (ZRP, 17/04/2026)
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Pour prolonger...
The LANSKIES : Bandcamp
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Dans nos archives sonores :
Interview de Lewis EVANS par bingO,
dans l'émission Dig Dig Diggers - l'hebdo Ferarock (01/07/2022)
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Photographies : PELSESSION & DR
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX